Radio JCasse du Louvre : une société israélienne au cœur de l'enquête ?
Judaica S06E07 - Chronique Tech -
Louvre : l’enquête augmentée
Bonjour à toutes et à tous.
Dimanche 19 octobre, en sept minutes chrono, des cambrioleurs s’introduisent par une nacelle dans la Galerie d’Apollon du Musée du Louvre et emportent huit joyaux d’une valeur historique inestimable. Depuis, Paris et le monde entier vivent au rythme d’une enquête éclair : le week-end dernier, deux suspects ont été interpellés, l’un à Roissy, l’autre en région parisienne.
Un détail a fait couler beaucoup d’encre : la possible arrivée d’un acteur israélien, le CGI Group — société d’intelligence et de sécurité dirigée par des anciens du Shin Bet. Plusieurs médias internationaux affirment que CGI a été sollicité « avec l’accord du ministère de la Culture ». Le Louvre, lui, dément avoir « contacté qui que ce soit » ; de son côté, CGI parle d’une saisine « via un intermédiaire », possiblement côté assureurs. Bref, collaboration directe ou indirecte ? Le débat reste ouvert, mais ce qui est le plus intéressant c’est de savoir Pourquoi faire appel à ce type d’équipe ? Parce que l’enquête moderne, c’est la convergence IA + renseignement privé :
• analyse accélérée de milliers d’heures de vidéosurveillance (détection de trajectoires, plaque minéralogique, silhouettes),
• recoupement logistique (locations qui s’est avérée être un vol de nacelles dans la ville de Louvres, tiens donc,, les badges, l’achats d’outillage),
• la veille sur le dark web pour repérer des offres de rachat ou de “démontage” des pièces,
• et les traçages financiers si rançon ou intermédiation apparaît.
Tout cela sont des données que des hommes ne pourront pas analyser seuls assez vite.
Si on ajoute l’analyse des nombreuses traces ADN présentes sur place, ont permis à l’arrestation de ces 2 suspects.
Au-delà du feuilleton, cette affaire nous dit trois choses.
Un : l’IA ne remplace pas l’enquêteur, elle l’augmente. Ce sont les croisements de données — images, locations, téléphonie — qui permettent d’aller vite.
Deux : la cybersécurité des musées, c’est aussi la sécurité physique. L’audit annoncé au Louvre porte autant sur les caméras et angles morts que sur les scénarios d’intrusion “
Trois : la bataille de la restitution. Plus on va vite, plus on a de chances que les joyaux ne soient pas “dépecés”. L’IA peut repérer des signaux faibles en revente, mais il faut une coordination internationale sans faille entre police, douanes, assureurs et… parfois, des sociétés privées spécialisées.
Alors, CGI a-t-il aidé “en un temps record” ? Peut-être — directement, ou via les circuits d’assurance. Ce qui est certain, c’est que l’enquête au 21ᵉ siècle se joue à la jonction du public et du privé, avec des outils d’analyse toujours plus puissants. Et c’est, au fond, la meilleure chance de revoir ces pièces historiques entières revenir au musée.
À la semaine prochaine !