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Qui utilise ChatGPT ?

2025-11-10 4:30Saison S6 · Épisode 11

S06 E04 - RadioJ - Chronique Tech


Qui utilise ChatGPT ?


Rudy Saada : Stéphane, OpenAI a publié récemment des données sur l’usage de ChatGPT. Mais au-delà des usages, j’aimerais qu’on comprenne à quel point ça a explosé, dans le monde, en France et comment ça se compare à d’autres applis.


Bonjour Rudy, bonjour à toutes et à tous. Eh bien, commençons par un chiffre spectaculaire : ChatGPT a atteint 100 millions d’utilisateurs mensuels en seulement deux mois. C’est du jamais-vu dans l’histoire des applications grand public. Pour comparer, TikTok a mis neuf mois, Instagram deux ans, et Facebook plus de quatre ans pour franchir ce cap. Autrement dit, l’IA conversationnelle a battu tous les records d’adoption.


Rudy Saada : Deux mois… c’est impressionnant. Et aujourd’hui, on en est-on dans le monde ?


Les derniers chiffres parlent de plus de 300 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2024, et environ 700 millions aujourd’hui. Chaque jour, des milliards de requêtes sont envoyées à ChatGPT. Et ce qui est intéressant, c’est que la croissance est plus forte dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires : l’IA devient un outil de première nécessité, un peu comme le smartphone dans les années 2000.


Rudy Saada : Et en France, est-ce que l’engouement est comparable ?


Oui, tout à fait. En mai dernier, 18,3 millions de Français ont utilisé ChatGPT, selon Médiamétrie. Cela représente environ un quart de la population. Et en termes de volume, la France compte pour environ 4 % du trafic mondial, soit près de 100 millions de requêtes quotidiennes. C’est considérable.


Rudy Saada : Concrètement, les gens s’en servent pour quoi ?


Trois grands usages dominent. D’abord poser des questions, chercher de l’info, demander conseil — ça représente environ la moitié des échanges. Ensuite, produire : rédiger un texte, préparer un voyage, corriger un mail, coder. Ça, c’est 40 % des cas. Enfin, l’expression personnelle : écrire un poème, réfléchir à sa vie, ou simplement jouer avec les mots. Et là, on touche à quelque chose de très humain : l’IA devient parfois un miroir de nos émotions.


Rudy Saada : Donc ce n’est pas seulement un gadget, c’est devenu un outil de productivité ?


Exactement. Environ 30 % des usages sont liés au travail — comme un assistant qui fait gagner du temps. Mais 70 % sont liés à la vie quotidienne : aider ses enfants à réviser, organiser un repas, ou préparer une lettre administrative. C’est ce qu’on appelle la « valeur invisible » : du temps gagné, de la sérénité, même si ça ne se mesure pas dans le PIB.


Rudy Saada : Et la suite, Stéphane, qu’est-ce qu’on peut attendre ?


Trois tendances principales à mon humble avis.


D’abord, l’universalisation : l’IA va continuer à se démocratiser, notamment dans les pays émergents, comme un levier d’éducation et d’entrepreneuriat.


Ensuite, l’intégration : ChatGPT est déjà en train de s’installer dans nos outils de travail — mails, suites bureautiques, réseaux sociaux — ce qui va accélérer son usage sans même qu’on s’en rende compte.


Enfin, la régulation : plus une technologie se diffuse vite, plus il faut définir des garde-fous sur la fiabilité, la transparence, l’usage éthique.


Rudy Saada : Donc, ChatGPT n’est plus un phénomène de mode ?


Non, c’est une infrastructure ou en d’autres mots c’est un peu comme Internet ou le smartphone. Et la vitesse de son adoption montre bien que nous sommes déjà dans un monde où l’intelligence artificielle est devenue un réflexe quotidien.


Hag Saméah


A la semaine prochaine