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S06EXX - RadioJ - Chronique Tech - Decart – La plateforme qui veut pulvériser YouTube, Netflix et TikTok

2024-01-01 4:30

S06 E03 - RadioJ - Chronique Tech -


Decart – La plateforme qui veut pulvériser YouTube, Netflix et TikTok


Rudy : « Ce matin, Stéphane, vous nous parlez d’une start-up israélienne qui affiche une ambition XXL : remplacer YouTube, Netflix… et TikTok. Elle s’appelle Decart. C’est sérieux, ou c’est un rêve de start-up ? »


Bonjour à toutes et à tous. Ce n’est pas un rêve, c’est un plan de bataille.


Quand on connaît la houtspa, on ne peut pas être étonné de ce que Decart, une jeune société israélienne déjà valorisée à plus de 3 milliards de dollars, veut être. Sans sourciller elle annonce clairement la couleur : “On ne veut pas travailler avec les géants, on veut les remplacer.” Pas de partenariat, pas d’intégration. Ils veulent que, dans quelques années, YouTube et Netflix fassent figure d’anciens combattants du web.


Rudy : « Mais enfin, qu’est-ce qu’ils peuvent offrir que ces géants ne font pas déjà ? »


Deux armes fatales : Oasis et Mirage.


Oasis, c’est un moteur vidéo capable de créer des environnements entiers en temps réel, sur simple commande. Imaginez un jeu, un concert, un reportage, et que le décor change instantanément : un stade de foot devient une cité futuriste, une salle de classe se transforme en Rome antique… et tout ça, en direct.


Mirage, c’est encore plus bluffant : vous prenez une vidéo en live et vous la transformez à la volée. Pas un filtre Instagram, pas un montage : une vraie métamorphose visuelle en 100 millisecondes, à 20 images par seconde. Comme si vous aviez un studio de cinéma dans votre poche.


Rudy : « Donc on ne se contente plus de regarder… on joue avec la vidéo ? »


Exactement. C’est le passage de la vidéo “figée” à la vidéo “vivante”.


Sur YouTube, TikTok, Netflix, vous êtes spectateur. Avec Decart, c’est un peu je regarde donc je suis, vous devenez co-réalisateur, sans savoir monter, sans savoir coder. Vous parlez, vous tapez une commande, et l’image change sous vos yeux.


Et les usages sont énormes :


Un prof d’histoire peut faire voyager sa classe à travers les époques sans quitter la salle.


Un influenceur peut transformer un simple live en expérience immersive pour chaque spectateur.


Un vendeur en ligne peut montrer un produit dans dix contextes différents en moins d’une minute.


On ne consomme plus une vidéo, on la vit. On pourrait même changer des fins de film, par exemple Meryl Streep ouvrant la porte de la voiture dans Sur La Route de Madison pour rejoindre Clint Eastwood ou Kolo Muani qui marque le 4ème but contre l’Argentine en finale de Coupe du Monde. Bon je m’emballe un peu.


Rudy : « Impressionnant… mais à ce rythme-là, est-ce que la technologie tient ? »


C’est là que Decart frappe fort : derrière, ce sont des ingénieurs formés dans l’unité 8200, le Mossad du numérique israélien. Ils ont optimisé l’IA pour que ça tourne presque sans latence, à un coût imbattable : moins de 25 centimes par minute de vidéo.


Résultat : c’est fluide, c’est scalable, et ça ne nécessite pas un budget de production hollywoodien.


Rudy : « Mais entre l’idée de remplacer YouTube ou Netflix, il y a un océan… »


Oui, et Decart le sait. Leur pari, c’est d’attirer d’abord les créateurs. Car là est la clé : si les artistes, les profs, les marques, les gamers s’installent chez eux, le public suivra. TikTok a mis moins de trois ans à s’imposer face à Instagram en partant de rien.


Et Decart a un argument massue : ailleurs, la vidéo est statique ; chez eux, elle se réinvente en temps réel. C’est comme passer de la photo au cinéma… sauf que cette fois, le spectateur tient la caméra.


Rudy : « Donc pour vous, ils peuvent vraiment changer la donne ? »


Si Decart réussit, ce sera un changement de paradigme. On passera d’un modèle où l’on consomme un contenu… à un modèle où chacun peut le remodeler à volonté. Et ça, c’est exactement ce qui pourrait faire vaciller même les géants établis.


En résumé, Decart ne promet pas seulement de remplacer YouTube, Netflix et TikTok…


Ils promettent de changer notre rapport à la vidéo. Et dans un monde où l’attention est une bataille mondiale, offrir au public le pouvoir de transformer ce qu’il regarde pourrait bien être l’arme ultime.


A la semaine prochaine !